Ma contraception naturelle : Marre des hormones, j’arrête la pilule ! 1/2

contraception naturelle

Parlons peu, parlons bien… Parlons contraception ! Cela faisait longtemps que je voulais vous parler de mon choix d’une contraception naturelle c’est à dire SANS hormones.

Clairement aujourd’hui la pilule est la solution contraceptive préférée des françaises* même si elle connait un recul** depuis les scandales des pilules 3ème et 4ème génération.

Personnellement on me l’a prescrite très jeune et je ne me suis pas posée plus de question que ça. Je l’ai vécu un peu comme un rite de passage à l’âge adulte dont la première étape était d’avoir ses règles et la seconde de prendre la pilule comme toutes les femmes autour de moi.

Depuis j’ai grandi, appris à me poser des questions et à m’interroger sur ce que je donne à mon organisme. Je me suis demandée à quoi ressemblerait mon corps sans la pilule et comment il fonctionnerait sans. J’ai fait une embolie pulmonaire à cause de ma pilule et eu un enfant.

J’ai donc eu l’occasion de me poser beaucoup de question.

Bilan : cette fois c’est décidé, J’ARRÊTE LA PILULE !

(Et non, pas de projet de bébé 2 pour le moment si vous vous posez la question^^).

Une fois encore je ne suis ni une professionnelle du sujet ni une personne du secteur médical mais simplement une femme désireuse d’en savoir plus sur ce qu’elle ingère et les conséquences que cela peut avoir sur son corps.

Alors si vous aussi vous vous posez des questions, je vous explique ici pourquoi est-ce que, moi, j’ai décidé d’arrêter la pilule.

J’insiste bien sur le fait que c’est une décision personnelle. L’idée de cet article n’est pas de calomnier la pilule, obtenue de haute lutte, qui reste une énorme avancée dans la vie de millions de femmes. 

Je crois simplement que chacun doit pouvoir choisir librement sa contraception mais que pour pouvoir la choisir librement il faut être bien informé concernant sa contraception mais aussi concernant les autres options.

*41 boites vendues toutes les minutes tout de même d’après le Professeur Henri Joyeux

** elle a perdu pas moins de 9 point entre 2010 et 2013 et passe de 50% chez les 15/49 ans à 41% selon une étude de l’Ined-Inserm.

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La pilule, les hormones et moi !

Quand on m’a prescrit la pilule pour la première fois j’avais 12 ans et je ne me souviens d’aucune mise en garde ni d’aucune alternative. Au contraire, je me souviens plutôt de félicitations un peu comme si j’avais réussi un examen ou qu’il y ait quelques raisons de se réjouir. Je me souviens du « comme ça se sera déjà fait » du médecin ayant pris cette décision car j’avais un petit kyste ovarien. Elle s’est imposée à moi comme une indiscutable évidence.

La pilule avait quelque chose de naturel, systématique et de très automatique.

Je l’ai prise avant même de vraiment rentrer dans l’adolescence.

On ne m’a jamais parlé des effets secondaires, ni au début ni une fois devenue adulte. Les médecins partants tous du principe que je la prenais depuis tant de temps qu’il était inutile d’en rediscuter. Un peu comme si j’étais devenue malgré moi une experte du petit comprimé rond. Personne ne m’a alertée ni mise en garde contre quoi que ce soit et encore moins proposée une autre alternative.

J’ai donc continué par habitude et en toute confiance. On me disait que c’était pratique et sur. Un geste normal, banal et anodin après tout. Tout le monde la prenait. Je ne voulais pas tomber enceinte et ne voulait pas utiliser de préservatif en ayant un partenaire régulier avec lequel j’avais fait les tests de dépistages nécessaires.

Avec le temps il m’est arrivé de changer de pilule pour voir si mon kyste ovarien se déciderait à disparaitre avec une autre sorte de pilule mais il est resté jusqu’à peu près mes 18 ans.

Les changements de pilule m’occasionnaient tantôt de la prise de poids, tantôt un surplus d’acné, des sécheresses intimes ou des douleurs mammaires sans que je fasse nécessairement le lien puisqu’à aucun de ces changements les médecins ne m’avaient avertie que cela pouvait se produire.

Je n’ai jamais remis en cause ce modèle de contraception et il m’a très bien convenu pendant des années. Mon seul problème était de bien penser à prendre quotidiennement ma pilule et il faut dire que sur ce point il y a eu quelques loupés.

Une de mes gynécologues m’a tout de même fait tester pendant une année l’anneau vaginal de contraception. Le même principe selon elle sauf qu’il suffisait d’y penser 1 fois toutes les 3 semaines. J’ai alors pris 6 kilos que je n’ai jamais perdu ensuite même en revenant à la pilule. Etait-ce ça ou autre chose ? 

Il y a 6 ans je me suis plainte d’une douleur au mollet à ma généraliste qui a préféré me faire faire des analyses de sang car elle trouvait mon mollet gonflé, dur et que je devais partir en voyage. Le lendemain dans l’après-midi l’oxygène vient à manquer… Je respire de plus en plus mal, la tête me tourne, ma petite soeur prend sur elle malgré son hypocondrie et m’emmène aux urgences. Sur le chemin ma généraliste m’appelle catastrophée avec mes résultats. En m’entendant elle comprend tout de suite et m’explique que je suis en train de faire une embolie pulmonaire, ce que les urgences confirmeront ensuite.

Ce jour-là ma petite soeur m’a sauvée la vie. J’avais une phlébite dont le caillot était remonté dans les poumons et a dégénéré en embolie pulmonaire.

En essayant de comprendre pourquoi la piste s’oriente très vite vers ma pilule (j’avais toujours utilisé des pilule 3ème génération jusque-là) et l’on me découvre ma désormais célèbre anomalie génétique du Facteur V de Leiden. Quelques mois plus tard je fais une nouvelle phlébite.

On me prescrit alors la seule pilule que l’on puisse prendre dans mon cas et qui s’appelle Cerazette. Cette pilule a la particularité de se prendre en continue et de supprimer toutes les règles.

Cette étape à été le début d’une longue réflexion pour moi. J’ai réalisé que je ne savais même pas comment mon corps fonctionnait sans pilule et que j’avais même grandit sous hormones.

Ma grossesse s’invite un peu à l’improviste par la suite et les médecins me font une nouvelle prescription de pilule avant même que je ne sois sortie de la maternité.

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Les 15 raisons qui m’ont poussée à vouloir une contraception naturelle

A force de cogiter vous allez voir qu’en ce qui me concerne les bonnes raisons n’ont pas manquées :

Les raisons pratiques et de principe

1) On doit y penser tous les jours. (la régularité n’est pas mon point fort)

2) Je trouve que la responsabilité de la contraception repose trop sur les femmes qui assume principalement seule la charge mentale contraceptive.

3) Les hormones contenues dans la pilule restent des hormones de synthèse et non des hormones naturelles.

4) La pilule reste un médicament et comme pour n’importe quel médicament sa prise n’est jamais anodine et ne doit pas en conséquence être automatique.

5) Je voulais savoir comment fonctionne mon corps sans hormones

Les raisons de santé

6) La détérioration de ma relation de confiance avec ma pilule après mon embolie pulmonaire et mes phlébites

7) Je n’avais plus du tout de règles avec la seule pilule compatible avec mon anomalie et ne sentait donc plus du tout mon corps de femme fonctionner

8) La pilule fait croire au corps que l’on est enceinte. Les hormomes de la pilule sont en effet des hormones chimiques dont le but est de faire croire au corps de la femme qu’elle est enceinte pour qu’elle cesse d’ovuler.

9) La pilule est un perturbateur endocrinien. Nous avons tendance à ne pense qu’aux pesticides lorsque l’on parle de perturbateurs endocriniens pourtant certains médicaments répondent parfaitement à cette définition. L’Agence nationale de sécurité sanitaire définit les perturbateurs endocriniens comme « une substances naturelle ou chimique qui peut interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines notamment en mimant les actions des hormones naturelles. ». Comme nous l’avons vu au point précédent c’est exactement ce que fait la pilule comme le confirme la gynécologue Nasrine Callet dans une interview au Nouvel Obs.

10) L’augmentation du risque de cancer du sein. Depuis 2005 le Centre internationale de recherche sur le cancer a classé la pilule comme cancérigène de catégorie 1 pour les sein, le foie, le col l’utérus et les voies biliaires. L’augmentation du nombre de cancer du sein concerne principalement les femmes ayant commencé tôt la pilule ou continué à un âge avancé et l’ayant prise plus de 10 ans. Le risque est assez faible néanmoins puisqu’il est multiplié par 1,6 mais bon il n’est pas nul non plus.

11) La pilule agit comme une castration chimique. Je l’ignorais totalement mais c’est ce que j’ai découvert en lisant une interview dans le Nouvel Obs de Sabrina Debusquat auteure d’un essai intitulé « J’arrête la pilule ». AU cours de ses recherches elle a découvert que la pilule faisait baisser de 50% le taux de testostérone chez la femme alors que cette hormone est l’une des principales hormones du désir sexuel. Raison pour laquelle beaucoup de femmes disent avoir une libido en hausse en arrêtant la pilule.

12) Ce point là n’est pas totalement prouvé mais ce qui est certains c’est que les hormones sont stockés dans les graisses du corps puis libérées dans le sang. La crainte est donc de savoir pendant combien de temps le corps les stocke et s’il peut les conserver puis les libérer suffisamment tard pour prendre le risque d’y exposer le foetus au cours d’une grossesse.

Les raisons environnementales

13) Les hormones de la pilule se retrouvent dans nos urines et polluent les eaux puisque les stations d’épuration ne parviennent pas à les éliminer totalement.

14) Les hormones qui restent présentes dans les eaux sont à l’origine du problème de la féminisation des poissons.

15) Ces eaux sont aussi à l’origine de pubertés précoces chez de nombreuses jeunes filles.

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Les changements depuis que j’ai arrêté la pilule

J’étais impatiente et curieuse de voir mon corps fonctionner sans hormones. Cela fait maintenant un peu plus de 6 mois que j’ai arrêté la pilule et j’ai pris beaucoup de plaisir à voir les changements s’opérer. Pour moi, ils se situent à 2 niveaux.

Côté corps :

Mes règles sont revenues et d’une certaine façon on peut dire que j’ai découvert ce que c’était que d’avoir ses règles. J’ai adoré sentir mon corps se transformer au cours de mes cycles. Je le sens littéralement évoluer. J’ai aimé jusqu’aux douleurs de règles (enfin pour le moment^^) et je me sens vivante de ce point de vue. 

J’ai moins d’appétit qu’auparavant et grignote ce qui fait que j’ai perdu un peu de poids et également un bonnet de soutien-gorge.

Ma peau est également moins sèche et je ne souffre plus de sécheresse intime. Je dois aussi noter que j’ai davantage d’acné. 

Côté moral :

J’ai bien plus d’énergie qu’avant et j’ai parfois du mal à la contenir. 

J’ai aussi l’impression de tout ressentir plus fort en ce qui concerne mes émotions. Le bon comme le moins bon (je suis super heureuse pour un rien mais aussi vraiment triste pour pas grand chose).

Coté sexe :

A tous mes proches qui lieront cet article s’il vous plait faites abstraction du fait qu’il s’agisse de moi pour en retenir l’essentiel.^^

Je n’aime pas trop l’idée d’aborder ce sujet par ici mais je pense malgré tout qu’il faut en parler : ma libido. 

Je n’avais pas l’impression de ne pas avoir de libido. Pour moi tout allait bien, normalement en tous les cas. 

Pourtant je dois bien reconnaitre que ma libido a très clairement explosée depuis que j’ai arrêté la pilule. 

Personne ne m’avait jamais dit que la pilule pourrait affecter ma libido et clairement de ce point de vue je suis vraiment en colère. J’ai l’impression que l’on m’a volé une partie de ma vie sexuelle car comme vous avez pu le lire plus haut la pilule se rapproche du fonctionnement de la castration chimique.

Non seulement c’est principalement sur les femmes que repose la charge mentale contraceptive mais en plus c’est elle qui en subissent les conséquences jusque dans leur vie sexuelle.

Qui proposerait à un homme entrainant une baisse de sa libido ???

C’est un peu pour moi comme une dénégation du désir féminin et je dois bien le reconnaitre, j’ai redécouvert mon désir et ma sexualité en arrêtant la pilule. Je ne tiens pas à trop m’étendre sur ce point mais clairement je me sens bien mieux aujourd’hui.

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Evidemment ce n’est pas parce que je ne veux plus de contraception avec hormones que je ne veux plus de contraception du tout. Au contraire !

J’ai donc opté pour une contraception naturelle que je vous présenterai dans un prochain article. Si vous vous posez la question sachez dès à présent que non ce n’est pas un stérilet d’autant que je ne suis pas à l’aise avec l’idée de quelque chose que je ne peux enlever moi-même.

Comme je vous le disais en début d’article, on ne dit pas suffisamment que d’autres options existent alors je suis d’autant plus impatiente de vous présenter celle-ci.

contraception naturelle
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2 Commentaires

  1. 27 septembre 2019 / 9 h 53 min

    Super intéressant cet article. !
    J’ai également arrêté la pilule… Pour les mêmes raisons que toi…
    Et après quelques mois où mon corps a eu du mal à comprendre ce qui lui arrivait : je fais le même constat que toi. Je suis soulagée de ne plus la prendre.
    Hâte de lire ton prochain article à ce sujet 😉

    • Julie Olk
      Auteur
      4 octobre 2019 / 17 h 14 min

      Nous sommes plus nombreuses qu’il n’y parait à vouloir arrêter. J’espère que la suite t’intéressera.^^

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