Pourquoi j’ai quitté mon travail après être devenue maman ? La maternité Vs le monde du travail…

pourquoi j'ai quitté mon travail

Vous l’avez peut-être remarquée mais depuis quelques temps je ne travaille plus. C’est pour cette raison que je suis un peu plus présente sur les réseaux sociaux.

Pourtant j’ai fait le choix de ne pas vous parler immédiatement de ce changement. Je voulais prendre le temps nécessaire, ou tout du moins me poser un peu, pour y réfléchir.

Alors voilà, c’est officiel, j’ai quitté mon travail il y a quelques mois.
Mais pourquoi ?

Je vais tacher de vous l’expliquer mais ce que je peux d’ores et déjà vous dire c’est que je ne l’ai pas fait uniquement pour m’occuper de Charlie.
Pour infos je travaillais dans le secteur de la lutte contre l’illettrisme. Une expérience que j’ai beaucoup aimé et qui aura été très enrichissante.

Je vous explique donc pourquoi j’ai quitté mon travail après être devenue maman

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Reprendre le chemin du travail après le congé maternité

Ma reprise s’est faite avec un peu d’appréhension. J’avais été arrêtée en amont après une alerte fausse couche à la fin du 5ème mois de grossesse. Déjà que la grossesse n’avait pas particulièrement réjoui mon employeur, partir plus tôt n’a pas aidé.

Je savais que la reprise serait un peu aussi une mise à l’épreuve. Je n’avais pas été ménagée pendant ma grossesse quitte à sauter des repas, faire plusieurs heures de train dans la semaine ou terminer des réunions à 22h… Bref, il m’aura fallut ce risque de fausse couche pour que les médecins m’imposent un arrêt. Le truc c’est que je n’arrivais pas à dire stop de moi même. Je voyais mes collègues débordés et bien qu’ayant une grossesse à risque je m’investissais autant qu’il le fallait.

Evidemment mon chéri désapprouvait et me disait sans cesse que les gens savaient jouer sur la culpabilité que je pouvais ressentir alors qu’il n’y avait pas de quoi culpabiliser.

Après mon congé maternité j’espérais donc reprendre sur des bases sereines. Il faut dire qu’en n’étant plus enceinte (avec un bon gros ventre en plus dans mon cas) et donc en ne me baladant plus avec mon bébé juste sous le nez de mon responsable je me suis dit que la situation serait d’elle même plus calme. Je pensais éviter le style de remarques auxquelles j’avais eu droit jusqu’à mon arrêt du style « mais tu as vu tout ce que tu manges ?!? Regarde ton ventre » ou « Tu vas aux toilettes combien de fois par jour ??!!! » ou pire « cette grossesse va vraiment être un poids pour nous! Tu t’en rends compte ? ».

Pari tenu, à ma reprise mon responsable a préféré ne pas m’adresser la parole pendant 1 mois entier ça aura été bien plus simple.^^

Le dégel a malheureusement fini par arriver donnant lieu à des « Tu pars déjà pour aller le chercher à la crèche ? Il est seulement 18h… T’as fini ta matinée en fait ?^^ »

Il faut dire que j’ai repris avec un état de santé dû à un post partum compliqué qui m’empêchait de remplir mes missions dans les mêmes conditions qu’auparavant ce qui posait bien évidemment des difficultés à notre structures.

Mon post partum me fatiguait énormément (pour vous donner une idée j’ai encore quelques soucis aujourd’hui alors que Charlie aura 2 ans le mois prochain…) et être toute jeune maman n’est déjà pas particulièrement reposant. Les médecins avaient d’ailleurs prolongé d’un mois mon congé maternité. Ils voulaient le faire davantage mais là encore je n’ai pas su dire stop.

Je n’ai pas pu faire la semaine d’adaptation à la crèche de mon fils qui tombait la semaine de ma reprise. Je vous laisse imaginer ma déception.

Autre point qui compliquait la situation pour mon employeur : j’ai repris à 80% et donc en gardant mes vendredis comme journée de congé parental.

Cette reprise n’a donc pas été simple pour moi mais j’aimais le travail que nous faisions et je suis arrivée avec de nouveaux chantiers intéressants. Pourtant je me suis souvent senti seule sur ces dossiers et sans appuis ni conseils.

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C’est décidé, je dis stop !

J’aimais mon travail mais la situation n’était pas vivable. De nouvelles complications post partum sont arrivées et si rien n’était fait pour me faciliter la tache je n’étais pas non plus capable de faire tout ce que mon employeur attendait de moi.

Mon travail a fini par devenir une source de stress et d’angoisse que je ne voulais pas ramener à la maison.

Il faut dire qu’avant il m’était possible de m’organiser et de m’adapter en fonction de mon travail.

Alors oui ce que je vais vous dire est à la fois tellement cliché mais aussi tellement vrai : devenir parent ça change tout !

Mes priorités ont clairement changées, mon fils est devenu dès sa naissance le centre de mon monde. Et puis l’alerte fausse couche avait été une bonne leçon que je n’étais pas prête d’oublier tant j’avais culpabilisé.

J’ai par exemple appris à dire : non. Non ça je ne peux pas le faire et ne le ferais pas. Non je dois y aller mon fils m’attend…

Les remarques déplaisantes n’étaient que déplaisantes et ne m’atteignaient plus du tout. Qu’importe les remarques quand je sais que le soir mon rayon de soleil sera tout à moi !^^

C’est vrai que l’ambiance de travail devenait stressante mais je voulais que cette pression reste là au bureau bien rangée dans un tiroir. Pas question de la ramener chez moi. Voir mon fils m’apaisait littéralement.

A l’inverse le laisser le matin n’était pas facile et même si j’avais mes vendredis pour nous je regrettais de ne pas passer plus de temps avec lui.

Encore aujourd’hui quand je repense à ces journées de stress je me dis que j’aurais tellement préféré que ces journées se fassent avec lui mon petit Charlie.

Ouvrir ce blog m’a permis d’échanger avec d’autres mamans et amenée à me poser des questions. Daddy Olk m’a beaucoup écoutée et après quelques temps j’ai ouvert les yeux sur ce qui s’imposait : il fallait que je quitte mon travail.

Je n’étais plus aussi utile à mon responsable que celui-ci en avait besoin d’autant que mes problèmes de santé liés à mon post partum allait nécessiter une intervention.

De mon côté, le plaisir avait cédé sa place au stress, j’étais fatiguée (du post partum, d’être jeune maman et des conditions dans lesquelles se faisaient ma reprise) et mon fils me manquait.

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Vous me direz peut-être que la solution était sous mon nez depuis le début ? Ou bien que vous ne comprenez pas que je ne sois pas partie plus tôt ?

Vous aurez certainement raison mais il faut parfois du temps, surtout quand on a la tête dans le guidon, que chacun a son propre rythme et puis que voir la solution ne suffit pas, il faut aussi l’admettre et l’accepter.

Je suis fière en tous les cas d’avoir appris à dire stop et d’avoir réussi à laisser le travail à sa place. Ses remparts que j’ai réussi à construire m’ont aidé à mieux vivre la situation et à faire en sorte que Charlie n’ait pas à en pâtir.

J’ai aussi découvert que je n’étais pas la seule maman à rencontrer des difficultés de ce style. J’ai eu le temps de prendre conscience de la réelle violence de la situation et du sentiment de fragilité et d’isolement que l’on peut éprouver.

La route est encore bien longue pour l’égalité au travail entre les femmes et les hommes.

A toutes les mamans qui vivent la même chose, sachez que vous n’êtes pas seules.

Quand à savoir ce que je vais faire demain…? Je ne sais pas.^^

Vous avez des suggestions ?

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Commentaires

  1. WorkingMutti
    21 septembre 2018 / 12 h 09 min

    Bravo Bravo ! Ton témoignage est tellement réaliste ! C’est exactement ce que je vis au quotidien. Les remarques sur le fait que je sois une glandeuse car je pars tôt même si j’ai fait autant d’heures que les autres, le fait qu’on me fasse bien sentir que je pénalise tout le service.

    Je vais aussi changer de job. Je n’arrive pas à laisser mes ennuis de bureau à la maison. Donc je vais voir ailleurs si j’y suis 😉

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 4 h 09 min

      Oh je suis tellement triste de lire que tu vis aussi ce type de situation…!
      Je te souhaite sincèrement de trouver un job qui te convienne davantage mais aussi, d’ici là, d’avoir l’énergie suffisante pour tenir et chercher autre chose. ❤

  2. Melle Blanche
    21 septembre 2018 / 12 h 09 min

    J’ai arrêté de travailler dès que j’ai été en congé maternité. Cela fait 7 ans. Et ça me va très bien. 

  3. Sarah
    21 septembre 2018 / 12 h 09 min

    Tu as fait un choix que nous sommes très nombreuses à envisager… Mais peu ont le courage de sauter le pas ! C’est une force que de savoir se remettre en question, bises

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 4 h 09 min

      Merci beaucoup pour ton message. Sauter le pas n’est pas facile. J’espère que nos enfants ne connaitront plus ce genre de difficultés.

  4. Only Laurie
    21 septembre 2018 / 1 h 09 min

    Tu as bien fais de quitter ton travail. Lorsque ça devient source de stress et d’angoisse ce n’est pas la peine. Merci pour ce retour d’expérience 🙂
    Douce journée
    Laurie
    http://onlylaurie.fr/

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 4 h 09 min

      Merci beaucoup pour ton message. Avoir un enfant remet les pendules à l’heure (en ce qui me concerne en tous les cas) et clairement, comme tu le dis, on se rend compte que quand le stress s’installe ce n’est plus la peine.

  5. Elise
    21 septembre 2018 / 3 h 09 min

    Bonjour,
    En lisant votre article, j’ai le sentiment que c’est l’atmosphère de travail et l’attitude de votre employeur qui au final vous ont poussé à quitter votre emploi. Je trouve triste et révoltant qu’aujourd’hui encore il faille pratiquement s’excuser d’aller récupérer son enfant à la crèche, qu’un employeur puisse nous faire culpabiliser d’avoir un enfant et donc d’être soi-disant « moins performante » dans les tâches professionnelles, sous prétexte que nous ne nous sacrifions pas corps et âme à notre travail (ce qui ne veut pas dire que nous n’y sommes pas investis ! ) Vous indiquez que vous travailliez dans le domaine de la lutte contre l’illettrisme. J’aurais imaginé votre environnement de travail plus humain et un chef moins misogyne !
    Selon moi, c’est vous qui aviez raison et étiez dans votre droit de conserver cet emploi tout en étant mère, et cela sans remettre en cause vos compétences professionnelles… 

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 4 h 09 min

      C’est vrai que je n’en faisais plutôt autant qu’auparavant mais la vérité est en réalité que j’en faisais trop avant.^^ Malgré tout nous ne pouvons pas tout donner et sacrifier à notre travail. Je sais que je ne suis pas la seule dans cette situation mais c’est clairement une attitude que j’ai di mal à accepter à notre époque. Elle est tellement révélatrice des inégalités existantes au travail…😟

  6. Milou
    21 septembre 2018 / 8 h 09 min

    Bravo ! Car je pense qu’il faut du courage pour oser dire stop quand on a la tête dans le guidon.. mais surtout sommes nous vraiment au 21eme siècle..? C’est flippant de voir les réactions de ton employeurs. J’ai honte pour lui… honnêtement. 
    Je pense que tu peux prendre le temps d’en te poser, de réfléchir à ces que tu voudrais/souhaiterais comme nouveaux challenges. Reconversion? Autres entreprises/institutions avec des gens sains d’esprit ? Bénévolat ? Car heureusement toutes les entreprises ne sont pas comme ça…
    Je te souhaite le meilleur en tout cas. ❤

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 3 h 09 min

      Merci beaucoup pour ton message. Dire stop m’a demandé du temps (écrire cet article aussi d’ailleurs^^).
      Je crois que comme tu le dis j’ai besoin de me poser et de me « réparer » un peu.
      En tous les cas merci infiniment pour ton soutien ❤

  7. Dinette et Paillettes
    21 septembre 2018 / 10 h 09 min

    Bravo à toi d’avoir su dire stop sans trop attendre… Hélas, ce genre de situation n’est pas aussi rare qu’on le croit… j’ai vécu une situation comparable à la tienne… J’ai quitté mon boulot il y a quelques mois, après avoir « trop » attendu… Je te fais confiance pour la suite en toute cas 🙂

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 3 h 09 min

      Je crois avoir malgré tout un peu trop attendu mais mieux vaut tard que jamais^^
      Je suis désolée de voir que tu as aussi connu un situation compliquée… Je te souhaite le meilleur pour la suite ❤

  8. Charlotte - Enfance Joyeuse
    21 septembre 2018 / 10 h 09 min

    Je te trouve très courageuse ! Je te souhaite de trouver un emploi où tu te sentiras à ta place et qui te permettras de conjuguer tes vies pro et perso ! Tu souhaites rester dans cette branche ou partir explorer d’autres horizons? 🙂 

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 3 h 09 min

      Merci de ton message et de ton soutien. C’est toujours très encourageant ❤
      Je ne sais pas exactement ce que je souhaite faire mais je suis curieuse donc je ne ferme pas la porte à de nouveaux horizons. 😉

  9. annie
    22 septembre 2018 / 1 h 09 min

    Merci pour ce joli texte.
    Cela m’a fait un peu mal au coeur et au ventre en le lisant, car j’y ai reconnu certaines situations que j’ai vécu enceinte. 
    Moi même je refuse le travail de subordonné salariat… je me plaignais tout le temps avant ma grossesse. Maintenant que je suis maman, cela est insupportable, et comme toi, j’ai arrêté le salariat. Je travaille en plus à mon compte depuis 2 ans, donc je travaille toujours, à mon compte, et je veux développer cette activité et arrêter d’être subordonnée à des gens méchants. (ben oui s’il n’y avait pas de remarques déplacées et un sentiment de malaise, je pense que cela ne serait pas pareil aha)

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 4 h 09 min

      Clairement le monde du travail devient fou et ça nous rend tous stressés et stressant voire méchant… Il va falloir que les choses changes car ce n’est pas viable. Je suis désolée en tous les cas que tu es aussi connue ce type de situations. Je te souhaite le meilleure dans ta nouvelle activité ❤

  10. Camille
    24 septembre 2018 / 8 h 09 min

    J’ai également arrêté de travailler en devenant maman. Lorsqu’on a parlé du « projet bébé » c’était une évidence pour nous : mon conjoint et moi travaillions chacun entre 40 et 45h par semaine ce qui signifiait au minimum une garde de 50h. Ce qui était hors de question tant pour notre relation avec bébé-futur que pour l’aspect financier. Je gagnais plutôt bien ma vie pour le métier que j’exerçais et mes patrons étaient adorables (même si super-exigeants) mais je n’avais pas fait les études que je voulais et c’était une voie par défaut. Sacrifier donc autant pour un métier qui ne me stimulait pas était hors de question. Actuellement je ne travaille plus mais je suis une formation à distance. C’est prenant, fatiguant mais je profites à 100% de ma fille tout en faisant enfin des études. Je mentirai si je disais que certains jours je ne suis pas sur les rotules, mais en même temps de vis tant de choses grâce à ce changement…
    Bravo pour cette prise de décision car je sais qu’elle n’est pas facile mais offre plein de possibilités !

    • Julie Olk
      Auteur
      25 septembre 2018 / 4 h 09 min

      Whaou ! C’est courageux de faire une formation en même temps ! mais à te lire on sent que tu es contente de la faire et ça ça fait vraiment plaisir. Je trouve ça top que tu puisses profiter de ta puce en tous les cas ❤

  11. Christine
    1 novembre 2018 / 8 h 11 min

    Il est vrai que reprendre le travail après l’accouchement est très difficile. L’important c’est que tu sois heureuse et ce peu importe ce que tu fais. Je suis moi-même repartie au bureau à contrecœur 😟

    • Julie Olk
      Auteur
      7 novembre 2018 / 11 h 11 min

      Oh je suis désolée de lire ça… C’est tellement pénible de reprendre dans ces conditions. 👎

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