Mon désir de bébé pollueur

désir de bébé pollueur

 

Porter la vie. Sentir l’autre en soi. La vie qui grandit et savoir qu’il y a juste là un petit cœur qui bat. Parcourir son ventre de sa main et ressentir à travers la peau une autre main, une tête, un pied. Une sensation effrayante et magique à la fois. Une expérience extraordinaire impossible à oublier. 

Dire que j’ai aimé être enceinte est un euphémisme. Regarder mon ventre s’arrondir, le voir bouger telle une petite vague, sentir cet autre en moi, cette impression d’une partie de soi qui nous habite et qui pourtant nous appartient pas. Ces frémissements qui se font sentir dans le creux de soi… Et déjà cette volonté qui est autre, avec ses envies et son propre rythme, et qui s’impose déjà à nous et peut même nous contraindre à éviter certains aliments ou à changer de position.

 

Et puis le voir, l’entendre rire, sentir son odeur et les battements de son petit cœur… 

 

Il en ressort comme une évidence que mon cœur murmure tout bas : Je veux d’autres enfants.

Combien ? Je ne sais pas. Quand ? Pas maintenant.

 

Le désir d’enfant est une chose mais en avoir un est encore une autre. Je le dis souvent, le monde que nous laisserons à nos enfants est pour moi rempli d’incertitude. L’héritage écologique que nous leur laisserons me préoccupe. Je m’efforce donc d’apporter ma pierre à l’édifice et je n’arrive pas à faire abstraction d’un sujet important mais peu connu ou entendu : les bébé polluent. On dit que c’est surtout le petit 3ème qui alourdit le bilan…

 

Pourtant moi… Je le désir mon bébé pollueur.

 

 

Article lié : Il faut que tu respires… Quel avenir pour nos enfants ?

 

 

 

Pourquoi nos bébés ne sont pas écologiques ?

 

J’avais déjà entendu parler de ce sujet mais il raisonnait davantage en moi comme un bruit de fond ou de couloir. Puis un jour je suis tombée sur un dossier du magazine Causette « Pollution cachée : bébé en remet une couche ». Depuis je lis et entends régulièrement tout un tas de chose sur le sujet.

 

En réalité on se rend vite compte que deux paramètres entrent en considération : la pollution causée par les tout petits et la question de la surpopulation. La finalité est la même, les bébés ne sont pas écologiques.

Pourquoi ?

 

1) Les bébés polluent 

 

C’est évident puisque nous polluons tous dès lors que nous nous habillons, avons besoin de tout un tas de mobilier, mangeons, prenons des bains… Tout le monde pollue et bébé ne fait donc pas exception. Notre empreinte carbone est bien réelle (même si tous les pays n’ont pas la même) et nous essayons d’ailleurs de la réduire de différentes façons comme par exemple en triant nos déchets. 

Il faut tout de même aussi souligner un point ici, qui est, la capacité des enseignes de puériculture à nous vendre toujours plus de trucs dont on n’a pas besoin (oui sauf que quand on est nouveau dans le club des jeunes parents on ne le sait pas forcément).

Je plaide ici d’ores et déjà largement coupable et c’est sans compter sur le fait que j’adore gâter Charlie. #MauvaiseElève

 

En revanche, là où bébé pollue beaucoup c’est avec ses couches (même si le problème se pose aussi avec nos serviettes hygiéniques). En plus, la plupart contiennent beaucoup de produits pas top pour bébé comme pour l’environnement. En moyenne un bébé utilisera donc l’équivalent d’une tonne de couche jetable (rien que ça !). En France ça représente à peu près 750 000 tonnes de couches jetables par an qui sont enfouies ou incinérées soit 3% tout de même des ordures ménagères.

Quand on sait qu’il faut aux couches non écolos entre 300 et 500 ans à se dégrader ça fait réfléchir… 

 

 

2) La population mondiale qui augmente

 

« La planification familiale est essentielle pour ralentir une croissance de la population qui n’est pas viable à long terme. » Un discours extrémiste et inquiétant qui n’est pourtant pas tenu par des néo-malthusiens. Ce discours c’est simplement celui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans un rapport de 2009, des démographes de l’ONU ont identifié la cause du réchauffement climatique qui menace l’humanité : les bébés nés ou à naître, autant de consommateurs-pollueurs en puissance…

 

Aujourd’hui, les gens qui retiennent des arguments écologiques et décident de ne pas avoir d’enfant existent. Et s’ils sont souvent mal perçus ils considèrent souvent d’une certaine façon que c’est au contraire parce qu’ils aiment les enfants qu’ils n’en veulent pas.

 

 

Article lié : Ne pas vouloir d’enfant : Être parent une obligation ?

 

 

 

L’empreinte écologique du petit 3ème 

 

Je suis l’aînée d’une fratrie de 6 enfants.. Je n’imagine même pas notre bilan carbone^^

Je ne sais pas si c’est d’ailleurs le fait d’avoir moi même une grande fratrie mais clairement moi ce petit troisième il me fait déjà envie !

 

Pourtant ce petit 3ème c’est celui, qui paraît-il, fait pencher la balance de l’empreinte carbone du coté obscur.

Pourquoi ?

 

Déjà parce qu’en moyenne c’est celui qui fait croître la démographie comme l’explique l’ancien député vert Yves Cochet.

 

Ensuite parce que le 3ème rime souvent avec nouveau logement, voiture plus grande…

 

 

Article lié : Le « mythe » de l’écart d’âge idéal n’existe pas

 

 

 

Mon désir de bébé pollueur

 

L’année dernière une étude suédoise est venue compléter le tableau en expliquant que faire moins d’enfants est la meilleure solution pour réduire notre empreinte carbone. Cette étude mettait aussi en avant 3 autres mesures à savoir un régime alimentaire végétarien, ne pas prendre l’avions et ne pas avoir de voiture. Oui alors autant dire que, en ce qui nous concerne, on est loin de l’objectif même si je ne suis pas fan de l’avion.

D’après cette étude, « Une famille américaine qui choisit d’avoir moins d’enfants contribue au même niveau de réduction des émissions de CO2 que 684 adolescents qui décident de recycler systématiquement leurs déchets pendant le restant de leur vie« 

 

Seulement j’ai beau savoir tout ça mon désir de bébé pollueur est toujours là. Et j’ai envie de dire complètement inconsciemment « même pas peur ! ».

J’ai envie de croire que je pourrais malgré tout, faire au mieux pour agrandir notre famille parce que oui, il est possible d’agir.

 

Comment ?

Nous allons poursuivre notre petite transition écologique.

Nous avons déjà opté pour les couches écolos et biodégradables ce qui est bien et nous n’excluons pas de passer un jour au lavable.

Enfin, pour de nombreuses raisons dont celle-ci nous n’excluons l’hypothèse de l’adoption.

 

 

Article lié : Nos 20 bonnes résolutions écolo-parentales pour 2018 + guide gratuit des bonnes habitudes à télécharger

 

 

 

Finalement je dois bien reconnaître que tout ça raisonne en moi comme un débat déjà tranché même si j’ai parfois mauvaise conscience. Mon désir d’enfant est là et ne me quitte pas.

Nous ferons donc au mieux pour accueillir un jour un bébé (presque pas) pollueur… 

 

 

désir de bébé pollueur

désir de bébé pollueur

 

 

Commentaires

  1. Madame Bobette
    11 avril 2018 / 1 h 04 min

    C’est un sujet intéressant. Je n’avais rien lu de tel à ce propos mais ce que tu avances n’es pas étonnant. Je pense souvent aussi à la surpopulation à laquelle nous contribuons et je me demande parfois dans quel monde Tess et sa famille auront le plaisir ou non de vivre. J’espère vraiment que les choses s’amélioreront, qu’une prise de conscience mondiale aura lieu avant qu’il n’y ait trop de catastrophes… J’espère mais j’ai du mal à y croire même si on voit de plus en plus de monde s’en préoccuper au quotidien.

    • Julie Olk
      Auteur
      17 avril 2018 / 10 h 04 min

      Je te comprends… Pas facile d’être optimiste dans ces conditions et il est vrai que trop de monde à encore du mal à se mobiliser. Comme toi j’espère malgré tout que les choses changeront ❤

  2. WonderMumBreizh
    11 avril 2018 / 1 h 04 min

    J’adore ce sujet . Mais l’envie est souvent plus forte 😳

    • Julie Olk
      Auteur
      17 avril 2018 / 10 h 04 min

      Oui c’est exactement mon cas^^

  3. Alessia
    11 avril 2018 / 2 h 04 min

    Hello ! Personnellement, je ne pense pas que ce soit le « trop d’enfants » le souci, mais la façon dont on récolte sur la planète. Une trop grande partie des terres agricoles est consacrée à nourrir le bétail, qui lui-même prend de la place, et crée énormément de pollution. Le simple fait d’arrêter de manger de la viande / des produits animaux, et de réserver les terres du « Tiers-Monde » consacrées à récolter leur nourriture réduirait ce souci (et il permettrait, dans un monde idéal lol, de pouvoir réattribuer ces terres aux familles de ces pays qui en ont besoin, pour cultiver pour EUX). Le fait de faire beaucoup d’enfants est un faux problème, et j’ai l’impression qu’on utilise ce faux problème pour ne pas avoir à pointer du doigt le comportement parfois douteux des grosses industries en matière d’environnement. N’oublions pas qu’en plus, l’Europe a un taux de natalité relativement bas. Je ne pense donc pas que c’est ton « bébé pollueur » qui va faire mourir les bébés chatons lol ^^ on peut chacun réduire son empreinte écologique, et, surtout, consommer de façon à forcer les entreprises à elles aussi adopter un comportement plus sain vis à vis de la Terre, tout en continuant à faire des enfants si on en a l’envie 🙂

    • Julie Olk
      Auteur
      17 avril 2018 / 10 h 04 min

      Tu as raison la question du bétail est essentielle ! Le fait de faire moins d’enfants réduirait drastiquement les problèmes écologiques que nous connaissons mais d’après cette étude ne plus manger de viande permettrait aussi d’améliorer sensiblement les choses. Ils ont même chiffré les avantages à ne plus manger de viande si tu veux regarder. 😉

  4. Lauriane
    11 avril 2018 / 8 h 04 min

    Très intéressant comme sujet. Pour ma part, l’écologie ne m’empechera pas de faire des bébés si le besoin s’en fait ressentir. Par contre je suis convaincue que nous pouvons nous adapter afin de réduire notre empreinte carbone. C’est une question d’habitudes et de volonté. En triant les déchets comme tu le dis, en changeant nos habitudes alimentaires et en s’impliquant dans le zero dechet. 😁

    • Julie Olk
      Auteur
      11 avril 2018 / 11 h 04 min

      Il faut dire que tu es à la pointe des bonnes habitudes^^👍

  5. Le Rire des Anges
    11 avril 2018 / 9 h 04 min

    C’est vraiment intéressant d’énoncer clairement le problème! Je ne me suis pas posé la question avant d’avoir Petite Marmotte mais j’ai eu quand même un bref soupçon de culpabilité en me disant ce ça n’était pas un choix raisonnable pour la planète!

    • Julie Olk
      Auteur
      17 avril 2018 / 10 h 04 min

      Oui je suis en proie au même dilemme^^

  6. 12 avril 2018 / 9 h 04 min

    C’est un bel article qui fait réfléchir mais une fois que l’envie est là.. Il y a maintenant des alternatives pour consommer différemment et mieux. Alors en toute pour le bébé pollueur ❤

    • Julie Olk
      Auteur
      17 avril 2018 / 10 h 04 min

      Oui ce qui m’ennuie c’est qu’il y a encore tellement d’efforts à faire pour que les choses changent…

  7. Claire
    12 avril 2018 / 10 h 04 min

    Alors même si j’ai déjà entendu cet argument, je me permets de le nuancer. Pour moi, ce n’est pas le bébé qui est pollueur, mais le mode de vie des parents ! Nous avons tous une responsabilité vis-à-vis de ça. Clairement, pour moi, ce n’est pas un argument pour ne pas faire un autre enfant. En revanche, réduire ma consommation de viande, consommer local et bio, tendre vers le zéro déchets. On est d’accord que c’est un investissement en temps, mais pour moi ça vaut le coup ! Je suis loin d’être parfaite à ce niveau, mais j’estime faire ma part, je compte bien continuer avec le deuxième. Il est possible de vivre quasiment en autosuffisance, mais après, c’est au niveau politique que ça se joue, car dans ces cas-là, on ne peut pas compter sur la consommation pour faire tourner l’économie. Bref, toute une manière de penser à revoir 🙂 

    • Julie Olk
      Auteur
      17 avril 2018 / 10 h 04 min

      Assurément nous avons une lourde responsabilité dans notre façon de nous occuper de nos bébés car finalement nos modes de consommation polluent énormément… Après je te rejoins là aussi le niveau politique est essentiel !

      • Charlotte
        24 août 2018 / 11 h 08 min

        C’est ce que j’allais bien commenter mais tu l´as très bien fait. Tout les « moins » évoqués ont des alternatives écologiques. Et puis si les gens qui se soucient de la planète cessent de Et faire faire des enfants, alors seuls ce qui s’en foutent se reproduiront, et alors la planète sera définitivement perdue! C’est comme cesser de lutter or je pense qu’il Vaut mieux faire des enfants et leur montrer le bon exemple pour qu’ils soient les adultes de demain qui fasse changer les choses….

  8. Mumtwokids
    21 avril 2018 / 2 h 04 min

    Je pense que dans notre société actuelle les mentalités changent, que nous sommes (enfin pour beaucoup d’entre nous), en train d’essayer d’améliorer notre rapport à la pollution, nous changeons notre façon de consommer mais le problème c’est que cela à un coût et que ça n’est malheureusement pas accessible à tous…

    • Julie Olk
      Auteur
      30 avril 2018 / 10 h 04 min

      Zaza of mars (blog Croque madame) a fait un article intéressant sur la question du coût justement. Je ne sais pas si tu l’as lu ?

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