Devenir papa : la grossesse vécue du côté des papas

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Devenir papa… C’est toute une histoire et c’est ce qui me pousse à prendre, pour la seconde fois, la plume sur ce blog.

La grossesse est un moment magnifique pour les deux parents où plus rien d’autre ne nous semble avoir de l’importance. Pourtant, il n’en demeure pas moins vrai que seule la maman porte l’enfant et que mon rôle était davantage celui d’un accompagnant. Avant d’aller plus loin je voudrais rendre ses lettres de noblesse à ce statut d’accompagnant car il n’a rien de passif, bien au contraire. Il est en réalité ce que nous en faisons et correspond à la place que nous, futurs papas, décidons ou non de prendre.

Si je n’avais pas décidé de m’engager aux côtés de Julie dans cette grossesse l’angoisse aurait été, pour moi, trop forte à la naissance.  En accompagnant Julie lors de l’accouchement et en partageant avec elle ses premiers instants j’ai eu le sentiment de prendre pleinement part à la naissance de Charlie et d’en être également acteur.

Julie lit beaucoup d’articles de maman qui racontent la façon dont se déroule leur grossesse, qui partagent les émotions incroyables qu’elles vivent quotidiennement. Avec cet article j’ai envie moi aussi de partager mon ressenti, mon vécu d’homme et de futur papa, mes émotions car la grossesse n’appartient pas qu’à la maman… Elle est, pour nous aussi les futurs papas, une aventure hors du commun.

 

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Apprendre que l’on va devenir Papa 

A l’annonce de la grossesse, la réaction des pères est très diverse. Si certains prennent la poudre d’escampette, la grande majorité assume leur rôle et surtout partagent avec la maman la joie de créer ou d’agrandir une famille.

Je n’oublierai jamais ce jour. Celui où tout bascule et qui fait que rien ne sera plus jamais comme avant. Le jour où vous réalisez que vous allez donner la vie. Gravé dans le marbre, il est aujourd’hui l’un des évènements majeurs de ma vie. Un de ceux qui vous forge, l’essence même de ce que vous êtes.

Je pense que cet instant est unique dans tous les cas et quelques soit la façon dont on accueille la nouvelle. Peu importe le nombre d’enfants que l’on a déjà, je ne doute pas que cette nouvelle conserve un caractère exceptionnel.

Un beau matin, lorsque Julie est venue m’annoncer qu’elle était enceinte, je lui ai répondu que je l’aimais et que c’était une nouvelle formidable.

Si ma réaction était spontanée et sincère je dois avouer avec le recul que je n’étais pas vraiment conscients de l’ampleur de cette nouvelle, de ses conséquences et de ce que signifiait véritablement le fait de devenir Papa.

De manière immédiate, cela voulait bien évidemment dire que nous serions bientôt 3 mais c’était avant tout un gage d’amour, comme un renforcement du lien qui m’unissait déjà à elle.

 

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9 mois d’attente et de préparation

Pendant toute la grossesse, j’ai essayé d’être présent au mieux pour accompagner Julie, pour la rassurer lors des moments difficiles, servi de punching-ball quand ses nerfs n’en pouvaient plus mais aussi servir de mouchoir ambulant devant le moindre dessin animé vaguement émouvant à la télévision.

Pour la mère, il est évident que les modifications morphologiques aident à prendre conscience de l’arrivée d’un enfant mais pour le futur père, il est plus difficile de se rendre compte des véritables bouleversements en cours.

Si voir le ventre de Julie a bien évidemment été pour moi un élément important de ma prise de conscience de ma parentalité à venir, mon ventre à moi n’a pas changé (heureusement me direz-vous !).

Seulement voilà, je ne voulais pas être uniquement la personne qui assiste à cette grossesse et l’observe… Je voulais y prendre part !

Je m’autorise ici une petite digression pour témoigner de la difficulté que j’ai eu à faire comprendre (ou bien même simplement accepter) mon besoin de partager cette grossesse avec Julie. Pour certains, peut-être d’une autre génération, ce n’est pas là la place d’un homme, selon d’autres le fait de savoir qu’un enfant arrive est suffisant et il n’est pas utile de « perdre du temps » alors qu’il n’est pas encore là… Bref, tout un programme et même de quoi vous en dire plus dans un prochain article si vous en avez envie ?

Je me suis donc libéré pour chacune des échographies mais aussi, autant que je le pouvais, pour tous les rendez-vous médicaux.

A la première échographie, j’étais en nage à l’idée de voir se transformer les deux barres du test de grossesse en futur petit nourrisson. Je ne saurais vous décrire ma déception lorsque le médecin a vainement tenté de me convaincre que la tache noire était mon enfant. Je pose des questions, essaye de comprendre, tente de m’impliquer… Rien à faire, je suis incapable de visualiser quoi que ce soit. J’attendais tellement de ce moment. Trop certainement (une visioconférence avec bébé probablement…), et l’atterrissage en est d’autant plus dur.

Imaginez mon incompréhension face à une Julie tantôt surexcitée tantôt en larme qui, elle bien évidement, distingue sans soucis la tête du reste du corps. Je maudis un instant mon manque d’assiduité en cours de science !

Dire que je suis déçu est en deçà de la vérité, pour une fois Julie et moi étions à peu près sur un pied d’égalité (oui elle, les sciences, elle adore ça), tous les deux face à cet écran.

En sortant de là, je ne lui en veux pas au contraire. Je veux qu’elle m’explique tout. Je veux bien comprendre pour profiter des prochaines échographies. Et puis même sans rien comprendre je suis gonflé de fierté car n’oublions pas que la petite tâche juste là : c’est mon bébé ! Impossible que quelqu’un d’autre ait déjà vécu ça avant. C’est sûr je suis hyper fier, et pas pour rien, je suis le premier papa du monde !

Je suis mieux armé pour les deux échographies suivantes et j’ai pu me familiariser avec l’image 3D de mon fils grandissant et ainsi petit à petit me rendre compte de la révolution en marche.

En dehors des rendez-vous médicaux, il y a malheureusement peu d’occasion pour un père de tisser sa relation avec son futur enfant.

J’épie donc chaque nouvel arrondi du ventre de la future maman, je lui parle et je guette le moindre mouvement en vain au début. Mais qu’importe, je persévère en me mettant tous les jours au niveau de son ventre et en expliquant que « c’est moi papa », que je l’attends et que je l’aime déjà, que je trépigne d’impatience, parfois quand je suis à cours d’imagination je lui raconte simplement ma journée (oui j’ai des réunions passionnantes !).

 

Un jour, je le sens ! J’en suis sûr, bébé bouge sous ma main ! Il est là pour de vrai et je suis le témoin de son premier mouvement. Julie ne me croit pas au début mais si c’est bien le cas, je sais ce que je dis je suis le futur papa après tout ! Et puis elle se pose avec moi et constate ce qui est une évidence : notre enfant bouge !

Le fait d’en être le premier témoin fait de moi un acteur accompli de cette grossesse. Je suis transporté de joie… Les larmes ne sont pas loin. Je crois que c’est à ce moment que j’ai réellement compris que j’allais être père en sentant sous mes doigts mon fils.

Nous avons décidé de faire de l’haptonomie pour mieux communiquer avec notre futur bébé et préparer l’accouchement. Lors des séances nous avons appris des gestes pour interagir avec bébé intra utéro.

Sous la peau, je sens de très légères pressions qui répondent aux miennes les larmes me montent aux yeux presque à chaque fois.

 

 

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L’épreuve de l’accouchement et se découvrir Père

Julie m’a laissé le choix d’être présent ou non. Ma place est à ses côtés. Je veux vivre cela aussi il n’y a pas de doute mais je sais d’avance que ce sera une épreuve. Je me réserve d’ailleurs le droit de m’éclipser au cas où car nous savons que l’accouchement sera compliqué et puis je n’aime pas trop le sang.

Je l’accompagne lors de l’accouchement et malgré certaines craintes, je ne regrette pas un seul instant d’avoir pu assister aux premiers instants de notre fils.

En arrivant en salle d’accouchement, je me revois en train de me répéter « je vais devenir père, je vais devenir père… » comme s’il fallait encore me convaincre alors que j’étais dans une maternité en salle de travail face à une sage-femme et tenant la main de ma bien-aimée…

L’accouchement tourne au cauchemar et je souffre chaque millième de seconde avec elle. Partir n’est plus envisageable. Nous ne sommes plus qu’un même si ce n’est pas ma chair qui a mal. Mon cœur en est tout autant déchiré et je fais front avec elle.

Contrairement à Julie je saisie bien mieux la situation, je vois les appareils s’affoler ainsi que les médecins. La question du cordon à couper ne se posera pas. Un instant je crains de les perdre tous les deux mais il n’en est rien.

On appelle le papa pour aller voir le bébé. Rendez-vous compte, le Papa c’est moi ! Pour la première fois ! Je suis le premier Papa de l’histoire de l’humanité c’est certain ! Et pour la première fois je dois aussi choisir d’abandonner Julie à son sort pour aller voir notre fils. Il s’agite tant que le personnel n’arrive pas à s’en occuper. Je lui parle tout bas. Je lui dis que je suis là et que maman l’attend juste à côté. Je lui dis que je l’aime, qu’il a été très courageux et que maintenant tout ira bien. Je lui dis que nous allons ensemble retrouver sa maman. Moi qui avait peur de ne pas savoir le porter tout aura été assez naturel en fin de compte.

Que l’on assiste ou non à l’accouchement, les premières heures passées avec son enfant sont inoubliables et permettent de rendre concret et palpable ce nouveau statut de père. Je me souviens qu’avec Julie nous répétions en boucle « tu te rends compte que nous sommes parents ? Non toujours pas » alors que Charlie dormait entre nous…

 
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La suite se construit et s’écrit encore aujourd’hui et pour les années et siècles à venir. Notre histoire est unique tout en étant celle de tout le monde. A bien y réfléchir je ne suis pas certain qu’il ait un moment où l’on devienne père. Notre paternité évolue et nous transforme chaque jour un peu plus. Le déclic lui doit bien exister. Celui qui vous fait prendre conscience de votre rôle de père. Il n’est jamais le même et m’investir dans cette grossesse aura pour moi été nécessaire. J’espère pouvoir m’impliquer tout autant pour la prochaine 😉

 

 

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Commentaires

  1. Bébé est arrivé !
    7 mars 2018 / 12 h 03 min

    Quel beau témoignage. Il est rare de lire de tels écrits. Bravo au papa !

    • Daddy Olk
      11 avril 2018 / 3 h 04 min

      Merci beaucoup pour ton message !

  2. Mumtwokids
    9 mars 2018 / 2 h 03 min

    Bravo pour cet article très touchant ! Tu as su accompagner ta femme dans toutes les phases de cet magnifique étape et c’est top ! 

    • Daddy Olk
      11 avril 2018 / 3 h 04 min

      Je suis heureux de voir que l’article t’ai plu. Au quotidien je dis toujours à Julie Olk que j’essaye de faire au mieux et je fais aussi beaucoup d’erreurs mais j’en ai conscience! Je découvre avec la parentalité que nous sommes en permanence remis en question, et à chaque fois on en discute pour y répondre ensemble. Merci pour ton message!

  3. Claire
    9 mars 2018 / 5 h 03 min

    Témoignage très émouvant. C’est vrai qu’on a quand même beaucoup moins l’occasion de lire des récits de papa. J’espère qu’il y en aura de plus en plus 🙂 

    • Daddy Olk
      11 avril 2018 / 3 h 04 min

      Merci Claire c’est très gentil de m’encourager à prendre le clavier. J’avoue avoir encore un peu de mal à trouver les mots et à me libérer pour tout raconter mais ton message me motive pour essayer à nouveau de faire part de l’expérience d’un papa 😉

  4. Virginie NeleditesàPersonne
    9 mars 2018 / 7 h 03 min

    Je ne laisse ce commentaire que maintenant, mais bravo pour ce texte qui est à la fois émouvant et plein d’amour : c’est tellement rare de lire ce genre de texte écrit par un homme; si ça pouvait encourager d’autres à se lancer … ! Merci Daddy Olk et bravo 😉

    • Daddy Olk
      11 avril 2018 / 3 h 04 min

      Après m’être fait remonter les bretelles par Julie Olk je réponds à ton commentaire ^^
      Merci pour ton très gentil message! En l’écrivant j’ai eu surtout l’impression d’exprimer tout haut mon ressenti et mon expérience. Je ne pensais pas raconter une expérience très originale mais du coup j’espère que mon texte pourra libérer la parole des papas!

  5. Aline
    24 mai 2018 / 10 h 05 min

    Je ne suis pas certaine qu’il y ait un moment où on devienne mère non plus. Ca se construit, peut être un peu au fil de la grossesse, mais surtout à partir de la naissance. Plus je connais mon fils, qui a 4 mois et demi, plus je me sens mère. Plus la relation se constuit, plus on a la sensation d’être parent. Chaque découverte, chaque nouveau problème à gérer, chaque nouvelle réussite de bébé nous éduque dans notre rôle. Et l’arrivée d’un autre enfant doit encore plus renforcer ce sentiment de parentalité, forcément, nouvel individu, nouvelle évolution de notre rôle ! On s’est embarqué dans une aventure passionnante qui n’aura jamais de fin ! 😁❤

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